Au début de la vingtaine, je travaillais à l’aéroport d’Orly comme hôtesse au sol pour « Olympic Airways », la compagnie d’Onassis. Je parlais un peu grec à l’époque ; en voyant parfois le grand patron passer avec la célèbre Maria Callas pour prendre un avion, je me demandais : est-il heureux ? est-elle heureuse ? J’étais en quête du bonheur.
Je regardais les titres à la une des kiosques parisiens, et je m’en souviens très bien : « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas », « Nous sommes dans l’ère du Verseau » ou encore « Les prédictions de Nostradamus ». Au milieu de l’actualité politique quotidienne, ces titres attiraient mon attention ; je me demandais ce que tout cela signifiait et je voulais prouver que Dieu existe.
Peu de temps après, arrivée à Milan en Italie et poursuivant ma quête, j’ai rencontré un groupe appelé, en 1970, la « Famille unifiée ». J’avais trouvé ce que je cherchais.
Dans l’introduction du *Principe divin* — le texte révélé reçu par le regretté révérend Sun Myung Moon —, la première phrase disait : « Chacun lutte pour atteindre le bonheur et éviter le malheur. » En poursuivant ma lecture, j’avais l’impression que les mots jaillissaient de la page pour atteindre mon cœur, chargés d’une émotion et d’une signification profondes. J’avais enfin trouvé ce que je cherchais. J’ai dansé de joie dans les rues de Milan, puis dans celles de Paris.
Un an plus tôt, mon futur mari avait vécu une expérience similaire à Vienne en lisant que tous les hommes aspirent au bonheur : « Tous, sans exception, luttent pour trouver le bonheur. » Le *Principe divin* est une vision, un guide qui offre de l’espoir à ceux qui veulent découvrir l’essence de la vie et vivre avec droiture. Nous étudiions le même livre avant même de nous rencontrer, et ces enseignements ont eu, pour l’un comme pour l’autre, une influence bénéfique majeure sur nos vies.
Lorsque nous nous sommes rencontrés en Amérique, nous connaissions bien la Déclaration d’indépendance : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
Le hasard n’existe pas. En cette année de célébration du 250e anniversaire, célébrons une nation unie sous le regard de Dieu.
bonheur
Aujourd’hui, soyons simplement heureux et autres choses compliquées
« Ma petite souris, soyons simplement heureux aujourd’hui ! » disait mon mari de temps en temps. « Ma petite souris » était notre surnom. « Oublions tout, prends ma main, courons dans les bois. Regarde le ciel d’un bleu pur ! Regarde la terre, fraîche après la pluie, parsemée de fleurs multicolores. »
Parfois, Dietrich prononçait une phrase qui avait une signification profonde pour la journée et bien plus encore. Il étudiait des sujets complexes en théologie et parvenait à résumer le tout en une seule phrase : « Soyons simplement heureux » (le but de la vie est la joie).
Lorsqu’il rédigeait sa thèse de doctorat, il avait choisi pour sujet « Le mariage et la famille dans la tradition chrétienne ». Le théologien et philosophe allemand Friedrich Schleiermacher l’intéressait particulièrement. Il fut l’un des premiers à proposer des idées révolutionnaires sur le mariage et la famille après la Réforme protestante.
Dietrich a donc écrit sa thèse sur ce sujet. Puis, des années plus tard, un jour, lors d’un grand nettoyage, un exemplaire de sa thèse a fini à la poubelle. Notre fille Diesa, alors étudiante, a dit qu’elle le voulait. Dietrich est retourné à la poubelle et a récupéré ce précieux ouvrage, qui a ensuite retrouvé sa place sur une étagère.
Quelques années plus tard, je l’ai donné à notre éditrice, le Dr Tanabe. Durant l’été 2024, elle l’a édité et nous a ensuite fait la surprise de le publier sous forme de livre, en hommage à Friedrich Schleiermacher et à Dietrich Seidel.
Les fondements chrétiens ont été le pilier d’un mariage heureux ! Soyons tous heureux aujourd’hui !
Conseils précieux
Quand nous étions jeunes et formidables, Dietrich et moi nous donnions des conseils pour avoir une vie meilleure et plus heureuse. Je retrouve encore des petits bouts de papier avec des mots précieux !
Voici quelques-uns des conseils de Dietrich, que j’ai toujours pris à cœur :
Un : Faites les petites choses qui comptent beaucoup
(Un jour, sans prévenir, je lui cire ses chaussures)
Deux : Parlez d’une voix agréable
(Suis-je frustrée, irritée, contrariée ? Impatiente ? Quel genre d’énergie est-ce que je transmets ? Ne serait-il pas préférable d’apprendre à contrôler mes émotions et mon énergie et de refléter l’amour, le pardon et la compréhension ?)
Trois : Sachez écouter
(Suis-je présente quand il a besoin de parler ?)
Quatre : Croyez au potentiel de votre mari
(Tous les hommes ont besoin d’être encouragés, valorisés et de se sentir en confiance)
J’ajouterai que l’argent ne m’a pas apporté l’amour, mais le service aux autres m’a apporté le bonheur.
J’aime aussi cette citation de sœur Lucie de Fatima : « La confrontation finale entre le Seigneur et Satan portera sur la famille et le mariage », et cette citation de mon mari : « La meilleure thérapie au monde, c’est d’avoir quelqu’un qui se soucie de vous ! »
Comment allons-nous vivre alors ?
Lorsque mon mari était encore parmi nous, il laissait échapper, ici et là, au fil de notre quotidien, un mot ou une phrase qui avait une profonde signification pour moi. Je pouvais y réfléchir pendant des jours.
Je me souviens qu’il disait : « LE BONHEUR, C’EST UNE VIE BIEN VÉCUE. »
Comment, alors, construire une belle vie ?
Il citait aussi la question récurrente de Socrate : « Comment vivre une vie bonne ? » Il disait qu’une vie bonne se construit en vivant une vie vertueuse, en vivant selon les vertus. Telle était la formule simple des Grecs pour une conduite éthique.
Dans mon expérience de construction d’une relation heureuse et épanouissante avec Dietrich, une vie bien vécue était une vie où nous aimions notre prochain. Servir les autres nous apportait du bonheur, prendre soin du monde nourrissait des sentiments profonds l’un envers l’autre. Nous savions que prier pour les autres apportait non seulement du réconfort à la personne pour laquelle nous priions, mais aussi une joie profonde à notre âme.
Parfois, le prochain le plus proche était le conjoint que nous devions aimer même lorsque c’était difficile, et pourtant nous y parvenions. Parfois, c’était le fils ou la fille prodigue, que nous pensions avoir perdu à jamais.
On ne peut pas construire son bonheur sur le malheur des autres. Le bonheur de son enfant prime sur le sien. On ne peut pas abandonner sa famille. Ce serait le malheur, et non le bonheur.
En d’autres termes, ce qui unit un couple, ce n’est pas seulement le sexe, mais un objectif commun enraciné dans un amour engagé. C’est être prêt à faire des sacrifices pour le bien du mariage et de la famille, et faire chaque jour des choix en discernant le bien du mal, le sacré du profane.
Ainsi, bien vivre signifie faire constamment les bons choix, en développant notre caractère selon les vertus et selon les principes de Dieu, jusqu’à devenir le véritable amour l’un de l’autre. Nous ne pouvons jamais nous séparer, car les familles heureuses font un monde heureux.
Nous ne faisions pas partie de la culture de l’« Égoïsme », mais en faisant des choses ensemble pour les autres, nous étions de meilleurs amants, et nous nous donnions un amour véritable. Nous avons construit une belle vie qui valait la peine d’être vécue. C’est notre trésor secret pour l’éternité.