Ce matin, je me suis réveillée avec une idée délicieuse : ai-je déjà pris mon petit-déjeuner au lit ?
Je ne m’en souviens pas.
En France, c’est censé être l’un des plus grands luxes. Je ne parle pas des fois où l’on est obligé de manger au lit, par exemple quand on est malade à l’hôpital et qu’on ne peut pas se lever.
Peut-être qu’une fois, quand j’étais un peu trop gâtée, quelqu’un de ma famille m’a apporté un croissant et un café ? Je ne m’en souviens pas.
Quand j’irai dans l’au-delà, je demanderai à ma grand-mère de me préparer un petit-déjeuner au lit. Elle a toujours été si gentille avec moi. Elle me manque beaucoup. Après nos longues promenades jusqu’à Montarlot, près de Saint-Étienne-de-Cuines, le premier village dans les montagnes, quand nous rentrions à la maison, elle me faisait cuire des châtaignes au four ou les cuisinait avec du lait. Je me souviens encore de leur goût. Si je lui demande, elle me préparera un petit-déjeuner au lit.
Bien sûr, mon grand amour devra être là aussi pour que ce soit le summum du luxe.
Ce ne peut pas être à 6h du matin. Ce doit être plus tard, quand le soleil se lève et qu’on le voit apparaître derrière les rideaux. On entend le chant des oiseaux dans le jardin et personne n’est pressé, car on est occupé à savourer les sons de la nature et tout l’amour qu’on reçoit déjà de tous.
La nourriture, c’est de l’amour. Mon Père céleste m’a offert des mets délicieux. Je suis si heureuse de pouvoir savourer tous les aliments qu’il a créés pour moi, les cerises et les pommes Fuji. Qui d’autre aurait pu créer de telles merveilles ?
Le luxe, c’est aussi de mélanger les produits de la ferme, de les cuisiner et de les déguster, comme une tarte aux pommes ou un steak-frites.
Waouh ! Un jour, je prendrai mon petit-déjeuner au lit avec mon bien-aimé. Je demanderai à ma grand-mère de nous le préparer.
N’est-ce pas un monde merveilleux ?