Un mémoire d’Elisabeth Seidel

J’ai grandi dans un village de montagne dans les belles Alpes françaises. Cela aurait pu être une enfance idyllique, mais j’appris rapidement que les échecs dans les relations humaines conduisent à la souffrance.
Je recherchais le but de ma vie dans des endroits lointains et romantiques. Est-ce que Dieu existe? Est-ce qu’il y a un monde après la mort? Si c’est ainsi, pourquoi y a-t-il tant de mal ?
J’aimerais trouver l’amour vrai.
Ma famille, avec beaucoup d’histoires sur les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale et les crimes commis par les Allemands, a formé ma pensée en tant que jeune personne. Cependant la chose la plus importante dont je me souvienne clairement, est que mon père m’interdisait d’aller à l’église. Chaque jour en allant à l’école, je passais devant l’église et j’obéissais à l’ordre donné par mon père.
Je devins intriguée et anxieuse de savoir ce que c’était ce qu’ils y enseignaient et qu’il ne m’était pas permis de connaître. Tous mes camardes de classe y allaient le dimanche et le jeudi quand il n’y avait pas d’école.
J’entendais des conversations tel que : « Satan vous prendra si vous n’allez pas à l’église » Mon père m’avait dit que je pourrais choisir ma religion quand j’aurais 18 ans.
Mon arrière-grand-mère Sylvie épousa un homme de Montaimont, un village dans la vallée de la Maurienne. C’est un village très pauvre, rudimentaire et simple. Mis il a une vue qui vaut un million de dollars. Malgré cette magnifique vue, je crois que Sylvie était malheureuse parce que son mari était infidèle. Je peux ressentir son cœur triste et lourd, je suis profondément désolé de sa situation.
Je suis si profondément désolé que mon arrière-grand-père n’est pas pu rester fidèle à ses vœux de mariage. Combien de larmes amères, Sylvie a dû verser quand elle suivait ses vaches sur les chemins, lorsqu’elle faisait le beurre et le fromage, et quand elle dormait au-dessus de ses vaches sur un plancher de bois pour rester au chaud, et de ne pas recevoir le vrai amour qu’elle méritait.

Dans mon adolescence, mon film préféré était « Sissi ». C’est l’histoire de Franz Joseph et d’Elisabeth, empereur et impératrice de l’empire austro-hongrois.
Mon rêve d’adolescente devint réalité.
J’épousais un descendant du propriétaire de l’auberge, qui a pris le nom du patriote autrichien, Andreas Hofer, à côté du Palais de Schönbrunn à Vienne, et devins sa reine !
Mariage
« Le mariage est la relation la plus profonde et la plus fondamentale. »

Quand je regardais le visage de Dietrich pour la première fois, je pus voir Dieu dans ses yeux. Il était comme quelqu’un dont je connaissais le vrai cœur, et il semblait bien me connaître aussi. Il était si clair, à la fois intelligent et chaleureux, je l’aimais tant. Il semblait aussi m’aimer beaucoup.
Nous échangions quelques paroles, comme notre nom et le pays dont nous venons. Puis Dietrich prit ma main et dit : « Je pense que je vous aime. » Je répondis : « Moi aussi.»
Trois jours plus tard, nous étions mariés.
Je veux partager quelques paroles de mon mari :
« Bâtir mon couple avec Elisabeth et élever nos enfants devint pour moi le chemin pour découvrir le cœur de Dieu. Je pris vite conscience qu’au-delà de toutes les études théologiques et recherches intellectuelles, c’est à travers l’expérience de relations humaines aimantes et en particulier dans la vie de famille que Dieu veut être présent parmi nous.
Mon espoir et ma joie dans la vie étaient enracinés dans l’expérience d’une famille aimante. Je me posais constamment des questions au sujet de Dieu et de Sa providence. J’avais particulièrement des questions sur pourquoi Jésus ne put pas se marier et avoir sa propre famille et d’être de cette façon, un modèle pour ses disciples.»
Encore d’autres paroles de mon mari :
« En fait la plupart des conseils conjugaux ont un lien avec le renforcement des racines des relations humaines. Comme les racines d’un arbre, notre disposition intérieure a aussi besoin d’être enracinée dans la fondation solide de notre système de valeurs et de notre vision du monde, ainsi nous pourrons braver les plus grandes tempêtes.
Pour réaliser un bon mariage, nous avons besoin de développer deux domaines, nommément les attitudes intérieures et les compétences extérieures. Les attitudes intérieures sont en lien avec nos vies spirituelles, qui définissent les racines de notre mariage alors que les compétences extérieures se focalisent à construire et à nourrir nos liens conjugaux.»
Bien-aimés
« Je serais toujours avec vous, éternellement ensemble »

Durant sa vie, le révérend Moon a agi comme un marieur (faiseur de couples) souvent en assemblant des représentants de différentes nations pour hâter le processus de créer une famille mondiale de paix.
J’ai rencontré Dietrich selon ce processus. C’était l’amour, au premier regard ! Celui-ci s’est approfondi au cours des années pour devenir un lien sacré et éternel.
Comment j’ai prié pour que son vélo s’éloigne
Dans les premiers temps de notre mariage, nous n’avions pas d’argent et Dietrich utilisait un vélo pour aller à ses cours à l’université. Il y avait beaucoup de circulation dans cette ville très fréquentée de Toronto et j’avais peur pour sa vie et je lui ai dit que je n’aimais pas son vélo. En Autriche, ils vont à bicyclette partout. Comme les Français ont besoin de leur baguette chaque matin, les Autrichiens ont besoin de leur bicyclette. Il me semblait que Vienne était plus comme un gros village avec ses lenteurs et Toronto était une ville moderne, rapide et très animée. Mon mari refusa d’abandonner sa bicyclette, parce que c’était très pratique et cher à son cœur, une habitude de son pays. Il n’y avait aucune chance qu’il m’écoute. Alors je priais que sa bicyclette disparaisse.
Par chance ou par mes prières, sa bicyclette bien-aimée fut volée. Je me sentis si soulagée remerciant Dieu alors que Dietrich était plutôt contrarié de devoir prendre le bus à partir de ce jour. Quand la communication n’est plus possible, vous pouvez toujours prier pour que votre vœu céleste devienne réalité !
Mon mari était un missionnaire pur et dur qui a toujours aimé dormir sur le dur plancher. Il avait l’habitude à la vie dure et rude d’un missionnaire voyageant à travers les États-Unis, dormant dans des minibus, et témoignant et faisant des donations sous le soleil brûlant de l’Arizona ou à travers l’hiver froid de New York. Après notre mariage, quand j’ai emménagé avec lui et qu’il était un étudiant de théologie à l’Université de Toronto, il n’avait qu’une toute petite chambre de célibataire, louée à un groupe d’étudiants. Il n’y avait là qu’un lit d’une personne. Alors au milieu de la nuit quand le lit devenait trop bondé de personnes, il se laissait dégringoler du lit et dormait sur le sol.
A cause de cette habitude, il ne se plaignait jamais. Il était toujours humble et satisfait. Il était toujours heureux en vivant une vie ascétique, et soudainement, il eut une épouse exigeante n’aimant pas a la folie ce mode de vie. Heureusement peu après, attendant un enfant, nous pûmes déménager vers le bâtiment des appartements pour étudiants mariés, ce qui fut une promotion.
Je n’oublierais jamais à quel point mon mari était humble, et combien l’humilité peut vous amener quelque soit la place où vous voulez aller ou être. Même après qu’il fut reçu à son Ph. D, il ne prit jamais l’air de quelqu’un qui avait réalisé quelque chose ou fier de quoi que ce soit qui pourrait le rendre supérieur d’une certaine façon. Une vie rude et dure lui donna une volonté d’acier, et une vie de dévotion lui donna de la compassion et de l’amour vrai pour les autres. Ceci fut le fondement pour un bon mariage heureux.
Après avoir été diplômé de l’Université de Toronto, nous déménagions vers Barrytown, New York où Dietrich commença à enseigner au Séminaire Théologique de l’Unification. Il n’y avait pas de bus pour y aller, et nous avions alors deux enfants. Ce fut le temps de penser à acheter une voiture bon marché. Nous regardions les petites annonces dans le journal. Il y avait une annonce pour une voiture à 2000$ à Syracuse. Nous n’avions pas d’argent, et pensions que nous pourrions en emprunter. Mais les anges de Dieu travaillaient déjà avec nous et pour nous. Quand nous arrivions à la maison de ce merveilleux couple à Syracuse, Dietrich devint instantanément ami avec eux, partageant avec eux sa vie de foi en buvant un café. Le couple fut si ému que le prix de la voiture fut divisé par deux. Nous pouvions l’acheter pour 1000 $.
Dieu travaille toujours de façon mystérieuse, nous aimant et prenant soin de nous dans notre vie de tous les jours.
Faire un Monde Pacifique et Une Famille à la Fois
Dans son article : La signification de la Famille pour un Monde Pacifique, mon époux Dietrich cite Mitch Albom disant : «La famille est la seule fondation sure. Vous devez avoir le soutien et l’amour d’une famille ou bien vous n’avez pas grand chose. »
Repensant à la relation avec mon époux, il y avait beaucoup de journées où je ressentais une grande agonie. Il y avait des journées où nous nous disputions. Le volcan entrait en éruption de temps en temps.
Le signe zodiacal chinois de Dietrich est le Bélier. Il est extrêmement patient. Mon signe est le Coq et je suis extrêmement impatiente. Quand on lit au sujet de la compatibilité entre le Bélier et le Coq, il est dit que la relation est la plus difficile mais pas impossible –le Bélier ne sait pas quoi faire avec le Coq. Ainsi nous avons dû nous attaquer à tant de situations impossibles. Ma spécialité était de vite exploser de colère ; pour lui, rien ne pouvait réellement l’ébranler. Si j’étais blessée, malheureuse, contrariée ou autres choses du même genre, je ne lui parlais pas pendant des heures. Mais j’étais en profonde agonie. Toute mon énergie, goût pour la vie, raison de vivre, joie de vivre, but et objectifs avaient disparu. J’étais la plus misérable.
Puis je remarquais toujours le même processus venant de lui : «Nous avons besoin de parler.» Pour montrer mon insatisfaction, je refusais d’abord complètement, laissant la relation s’envenimer davantage. Mais je n’étais vraiment pas heureuse de cette situation. De toute façon, nous devions y remédier. Nous avions besoin de nous pardonner l’un l’autre, nous réconcilier et de repartir à neuf.
Puis je me rendais compte que nous avions besoin de nous parler. Il me donnait toujours beaucoup de son temps et une oreille attentive pour comprendre tous mes arguments, mais il était toujours le premier à dire : «Je ne voulais pas te blesser, ce n’était pas mon intention. S’il te plait, pardonne-moi.» Puis je pouvais m’ouvrir de nouveau à lui, laissant aller ma colère.
Le fait que tous les deux, nous étions absolument ancrés en Dieu et dans notre croyance à ce que nous devions trouver des solutions à nos différences pour être un couple heureux. Et que nous ne nous laisserions jamais aller.
Pour conclure, quand il y avait une dispute, l’un d’entre nous devait dire : «Nous avons besoin de parler » et s’excuser en disant : «Ce n’était pas mon intention de te blesser. S’il te plait, pardonne-moi.» Tendre une oreille attentive et montrer une attitude de pardon et conclure par un profond câlin. Les câlins sont chaleureux, confortables et apportent l’affection dont on a besoin dans la vie quotidienne.
L’amour vrai n’est pas impossible. En fait, c’est notre raison de vivre, notre joie de vivre.
Ensemble, c’est mieux
En me levant un jour, j’étais en colère contre mon mari, très en colère. Je n’aimais pas son habitude d’être en retard, très en retard ou un peu en retard, mais de toute façon en retard. Je préférais la façon de la Princesse Diana. Elle aurait pu être en retard à cause de ce qu’elle était, mais était toujours à l’heure ou en avance. Etre en avance, c’est être à l’heure, être à l’heure est déjà être en retard et être en retard est inacceptable. C’est un message pour montrer son amour et d’envoyer le message : «Je prends soin de vous.»
Quand ma fille Diesa était au collège Mariste à Poughkeepsie, faisant partie de l’équipe de basket des Red Foxes, ils avaient un programme rigoureux d’entrainement. Ils devaient être sur le terrain de gymnastique à 5 heures, ce qui signifiait y être 15 minutes plus tôt pour s’échauffer. S’ils étaient en retard, ils devaient faire des pompes. Elle a conservé cette habitude toute sa vie: Elle est toujours en avance à ses rendez-vous.
Naturellement la maman de Dietrich (Oma) connaissait l’habitude de son fils d’être en retard, parce qu’à chaque fois qu’on était invité à son restaurant favori ou à un autre endroit, cela lui était difficile d’être à l’heure. Un jour, Oma remarqua que j’étais frustrée et me donna un conseil : «Dans ce cas-là, prenez votre sac à main et partez. Ne l’attendez pas.» Bon conseil quand votre belle-mère est de votre côté !
Nous vivions dans les bois à une heure de Vienne. Ce matin-là, Dietrich se préparait aller à Vienne pour enseigner à l’Université internationale de Vienne, et je devais aller en ville avec lui. Comme les choses se bousculaient et se précipitaient, je savais que mon mari allait foncer toute la route vers la capitale, me mettant dans un état d’anxiété.
Alors ce matin-là, je pris mon sac et partit. Je n’ai pas seulement pris mon sac, mais je pris aussi la voiture, ainsi je le laissais sans moyens de transport. Il devait marcher jusqu’à la gare, changer de train et puis prendre le métro. Sûrement, il ne serait pas à l’heure pour son cours, et à cause de cela, il sera aussi très en colère.
Pendant ce temps, je montais à travers les bois de Vienne en voiture, presque surprise par mon acte. Mais je ne me sentais pas très à l’aise avec des émotions négatives qui me traversaient le cœur.
Je grimpais à travers le célèbre Hohe Wand, fulminant tout au long du chemin. C’était à environ 1000 mètres d’altitude avec une vue stupéfiante très appréciée des Viennois pendant les fins de semaine ou les vacances. Je trouvais une hutte, comme à chaque fois que vous y alliez à travers les sentiers des bois de Vienne. Je décidais de prendre là le petit-déjeuner. C’était encore tôt le matin, et ainsi il n’y avait pas encore de clients.
Je commençais à me sentir mal à l’aise quand le propriétaire me dévisageait ne comprenant pas mon allemand. Il se demandait : «Pourquoi est-elle là seule à cette heure matinale quand tout le monde est encore au lit et elle ne peut même pas comprendre notre langue ?»
Le petit-déjeuner, ce jour-là, ne me sembla pas tellement bon. En fait, cela avait presque mauvais goût. Il n’avait aucune saveur, ni aucune convivialité. Cela semblait froid et peu appétissant. Je commençais à me sentir toute seule, de solitaire à misérable. Est-ce que tout ce drame en valait la peine ? Pouvait-il y avoir un autre chemin ? Je ressentais que j’avais raison et mon mari tord. Mais ne sacrifions pas le juste pour le bien de la paix.
Je n’étais pas trop fier de moi. Je devais réfléchir pour devenir plus intelligente que lui, parce qu’au fond de moi-même, je n’ai jamais voulu me disputer. J’aime l’harmonie et la paix. Ainsi ce jour-là, je pris la décision que je donnerais l’heure de mes rendez-vous avec une demi-heure d’avance. Je changerais l’heure pour Dietrich et alors je me détendrais et serais encore à l’heure à mes rendez-vous.
Ne réagissons pas avec des émotions toxiques. Je n’ai jamais aimé les disputes avec mon mari, lui non plus. Les épreuves et les difficultés nous font grandir. Pour atteindre un meilleur caractère et mode de vie, nous devons apprendre à nous harmoniser et toujours faire la paix. Ensemble, c’est mieux.
Conclusion

Quand on demandait à Dietrich, mon théologien de mari ce qui était le plus important pour lui dans une femme, il répondit : « Un bon cœur ».
Ensemble nous construisons notre monde éternel d’amour vrai – Bien-aimés, éternellement ensemble – dans ce monde et dans le prochain.